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Vendredi 6 février 2009

Je vous dois des excuses à tous.

Cela fait un moment que je me terre dans mon appartement pour me faire oublier.

J'ai honte. Oh oui, j'ai honte de ce que j'ai fait !

J'espérais que l'isolement m'apaiserait et me ferait expier ma faute. Il n'en ai rien... 

Ce poids que je porte seule devient trop lourd pour mes frêles épaules.
Il m'oppresse de plus en plus. 

Alors, j'avoue et je vous demande pardon.

La crise économique qui secoue notre pays et le monde entier, c'est moi.
Oui, j'en suis la seule responsable.

Il y a de cela quelques mois, je me sentais emprisonnée dans un boulot qui ne me plaisait pas. J'étais insatisfaite.Je m'ennuyais ferme. Je me sentais dépérir.

Alors, j'ai prié... Pas de réponse. 
Avec intensité, j'ai prié. Toujours rien. 
Avec l' énergie du désespoir, j'ai prié ... et j'ai demandé à Dieu, à qui voulait m'entendre de me sortir à n'importe quel prix de cette situation.
Vous connaissez la suite...

Je vous jure que je ne pensais pas produire un tel cataclysme!
Je ne pouvais pas savoir.
C'est vrai, d'habitude, Dieu ne m'écoute jamais.
Quand j'ai réalisé ce qui s'était passé, il était trop tard.
J'ai bien essayé de revenir en arrière, de rappeler Dieu pour lui dire que "finalement c'est pas exactement ça que je voulais".
La ligne était coupée. J'ai perdu le contact...
Le numéro que vous avez demandé n'est plus attribué. 

S'il vous plaît, si l'un d'entre vous à sa ligne direct, pouvez-vous lui dire de rappeler Gaelle au 06 60 XX XX XX?
Je dois reformuler ma demande.  Dites-lui que je l'embrasse et que j'attends son appel.
Je suis joignable à peu près toute la journée (ben oui, comme on s'est mal compris, je n'ai plus de travail.)
Sans vouloir abuser, s'il pouvait éviter de me contacter entre 9h et 9h30. Je suis parfois au monoprix de la rue du temple et comme je capte mal dans le fond du magasin...
D'avance merci.

Pour ceux que j'ai mis dans l'embarras, encore une fois excusez-moi.

Allez, pas d'inquiétude. Je m'occupe de tout !


- Publié dans : Tranches de vie
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Vendredi 5 décembre 2008


Intelligence, discernement et maîtrise de soi .
Petit kit des qualités indispensables pour limiter les dégats après une séparation.
On pourrait aussi ajouter communication, écoute, respect ... mais là, c'est la version luxe !
Mais ça s'achète où tout ça ? Quelqu'un a t 'il l'adresse ?

On se sépare rarement parce que tout est merveilleux.
Du coup, les vieilles rancoeurs ne demandent qu'à sortir au moindre prétexte.
Tout est bon pour sortir la liste des souffrances endurées .
Moi, j'en ai une liste longue comme mon bras .
Bon, il se trouve que mon ex aussi et -me dit-il- son bras est plus long que le mien... 


Dans l'intérêt de notre fils, on a décidé de quitter le champ de bataille conjugal pour se concentrer sur notre rôle de parents. 


Pour éviter que de petites bombes sournoises n'explosent de temps en temps, voilà ce que j'ai répété comme un mantra:

-Lâcher prise.
-Accepter que les règles de vie soient différentes chez son père et ne pas m'en mêler.
-M'abstenir de tout commentaire désobligeant sur ce qui se passe chez lui, même caché sous un grand sourire ( ma spécialité ). 


J'ai eu aussi ces mots pour mon fils qui se remémorait une de nos disputes :

" Mon chéri, je suis désolée.  Ce jour là, on n'a pas réussi à  te protéger de nos histoires d'adultes. C'est vrai, tu n'aurais pas dû être au milieu de tout ça. Aujourd'hui ton père et moi faisons en sorte que cela n'arrive plus. Mais si un jour tu as le sentiment qu'on n'y arrive pas, dis le. Si tu trouves que l'on te met dans une position désagréable, ne te tais pas. Ton père comme moi, on est capable de l'entendre."

Ce que je pensais surtout, c'est : Il y a de fortes chances que ton père (qui se maîtrise moins bien que moi) se serve de toi pour me faire passer des messages et ce n'est pas ton rôle.



Il y a quelques jours, je cherchais partout un gilet bien chaud appartenant à mon fils . J'ai retourné tout l'appartement sans réussir à mettre la main dessus.

- Tu sais si ton gros gilet bleu est chez papa ?
-  Non.
- Tu pourras lui poser la question et lui dire de me le rapporter ? (il fait chier, il aurait pu me le rapporter  )
- Non.
- ?
- J'ai pas envie. T'as qu'à te débrouiller toute seule.
- Euh... Tu as raison. C'est ce que je vais faire.

Fin de la conversation.

Comment décrire ce subtil mélange de honte et de fierté qui m'a envahit à cet instant ?

Mon fils de 6 ans 1/2 venait de déjouer une prise d'otage maternelle...
- Publié dans : Tranches de vie
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Jeudi 27 novembre 2008
Puisque ce très beau texte est une magnifique chanson (que j'aime moi aussi énormément). Le voici en musique...
Merci à celui qui a pensé à le partager avec nous. 

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Lundi 24 novembre 2008

 

 

Le Docteur P. a un fan-club dont je fais partie.

Le Docteur P. est bienveillant, brillant , drôle et généreux et beaucoup d'autres qualités encore...

J'aime bien aller chez le Docteur P.

Je crois même que je suis capable de m'inventer des maladies pour aller chez le Docteur P.

Avec le Docteur P.,  je me sens en confiance.

Au Docteur P., je livre mes doutes, mes peurs, mes interrogations sans crainte d'être jugée .

Dans le cabinet du Docteur P., je pleure, je ris, je réfléchis.

Je sais qu'il va m'aider à trouver les clefs qui vont me permettre d'avancer.

Bon, le Docteur P. a quand même un (petit) défaut, il est (très) souvent (très) en retard .

 

Donc ce matin, rendez-vous avec le Docteur P.

Alors que le Docteur P. me plantait des aiguilles à travers le corps ( même pas mal !), la question du jour était  "Qu'est ce que cela veut dire être femme "?.

Pas "fille", pas "jeune femme", pas "uniquement mère", pas seulement " épouse"...

Comment se sentir femme sans avoir besoin de l'assentiment et du regard des autres ?

 

Je vais avoir 34 ans. A 34 ans,  légitimement je suis une femme .

Mais moi, dans une même journée, je peux avoir le sentiment de passer de l'âge de 4 ans à l'âge de 90 ans.

Le plus souvent, vu les fous rires que j'ai, je crois que je ne dépasse pas les 15 ans 1/2 !

Ça c'est confirmé aujourd'hui.

 

Le Docteur P. m'accompagnait dans ma réflexion sur la différence entre "être dans la féminité" (paraître) et "être dans le féminin" ( être) et surtout comment concilier les deux.

Tout un programme...

Échange donc  très sérieux et enrichissant.

 

Jusqu'à ce que le Docteur P. utilise cette image:

" Dans tous les magazines, la féminité n'est que mise en scène. On pourrait  remplacer n'importe quelle femme par n'importe quel homme, ce serait pareil".

 

J'ai un imaginaire très développé.

J'ai  immédiatement vu un homme dans un simulacre de féminité: talons aiguilles,sous -vêtements affriolants, portes jarretelles, maquillage appuyé...

Le Docteur P. était face à moi.

C'est donc son visage qui s'est posé sur cette image.

Le Docteur P. déguisé en bimbo!

Et là, j'ai lutté pour ne pas partir dans un fou-rire qui, je le sentais, allait être interminable.

 

J'ai péniblement articulé un énorme sourire aux lèvres: " Vous vous trompez.  Quoique vous fassiez, je vous jure que ça ne sera pas pareil."

La consultation c'est conclue par cette phrase: "Et en plus, elle se fout de moi!".

 

J'ai passé le reste de la journée à rire.

 

Docteur P. , je vous le confirme puisque je vous ai vu en string : "la féminité, c'est comme la grâce... c'est pas donné à tout le monde! "

 

 

 

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Vendredi 10 octobre 2008

Tous les jours, les mêmes rituels.
Je me douche.
Je m'enduis de crème qui sent bon et qui rend la peau douce.
Je me maquille. 
Je me coiffe. (Là, le résultat reste approximatif même après des années d'entrainement.  Je fais croire que je n'aime pas les coiffures trop travaillées mais la vérité c'est que je n'y arrive pas.)
Après vient le choix des vêtements: presque toujours pantalon, pull col V et boots...
Ca y est, je suis au summum de ma féminité!

Mon apparence ne laisse place à aucun doute : je suis une femme.
Pourtant, je crois qu'il y a un homme en moi. Et malheureusement,  pas le plus fin et le plus délicat!
A mon avis, il doit s'appeller Raymond, Maurice ou Roger...

Je passe souvent pour une petite chose douce, fragile, effacée.
Il y a là un énorme malentendu.
Le silence que j'affiche n'est absolument pas le signe d'une timidité quelconque.
Pas plus que mon sourire. Il sert juste à faire diversion.
Ils sont seulement les résultats de la lutte acharnée que je mène contre Raymond.
J' empêche le camionneur qui est en moi de s'exprimer.


exemple 1: conversation avec Jean-Paul, collègue à l'humour vaseux et aux clins d'oeil graveleux.

- Ce soir, je t'emmène voir un super appart.  Vues magnifiques: le périph d'un coté- l'arrivée de la gare du nord de l'autre. 40 m2. 400000€ . Je compte sur toi pour nous trouver des gros cons à qui le refourguer.
Et il y a une cave. (clin d'oeil). Si t'es sage, je te la montre.

Voilà ce que je pense:
 Espèce de gros con, si je pesais 50 kilos de plus, je te mettrais mon poing dans la gueule!

Long silence le temps de maîtriser Raymond....
-  Je trouve tes propos un peu déplacés Jean-Paul.  A quelle heure a lieu le rendez-vous ?


 exemple 2: A cette amie qui vient accompagnée de sa  petite peste.

- Il est sensible ton fils, non? Trop sensible même.  Il va être malheureux dans la vie. Il ne saura jamais se défendre, lui...T'es trop douce avec lui si tu veux mon avis.

Ce que je pense: 
Ton avis, j'en veux pas. Ferme la si tu ne veux pas que je vous jette par la fenêtre toi et ta Terminator en jupe-culotte.Tu vas voir si je suis douce!

Ce que je dis:
-Je te remercie de te préoccuper du devenir de mon fils. C'est généreux de ta part. Il est de nature sensible, c'est vrai. Mais je trouve ça plutôt bien.

Mais parfois ça déraille.  Plus d'énergie pour filtrer les paroles de Raymond. Ça se passe toujours en fin de journée et rarement avec les bonnes personnes. 
 
Je suis à la terrasse d'un café .
Arrive cet homme que je trouve charmant .
Il  m'approche enfin!!!
Il a à peine le temps de me dire bonjour que je m'entends lui dire:
-Eh! Ne te fatigue pas trop. Tu me plais aussi.

Résultat, il s'est levé et a fait demi-tour... Il doit pas aimer les camionneurs.
Tout ce que j'ai trouvé à faire, c'est hurler:
- Aaaaallez ! Reviens, fais pas ta mijaurée! Je m'appelle Raymonde.

Il n'est pas revenu.
Alors, je suis rentrée chez moi...pour regarder un match de foot. 

Ne jamais se fier aux apparences.
La féminité, c'est comme la grâce: c'est pas donné à tout le monde!


 
- Publié dans : Tranches de vie
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